À propos

 

Dans l’écriture je n’ai pas de frein, pas de scrupule, parce qu’il n’y a que moi, pratiquement, qui suis en jeu (les autres sont relégués, en abstraction de personnes, sous formes d’initiales), tandis que dans la photo il y a le corps des autres, des parents, des amis, et j’ai toujours une petite appréhension : ne suis-je pas en train de les trahir en les transformant ainsi en objets de vision ? Cette question, heureusement, est vite chassée par une autre idée : qu’en dévoilant ainsi à d’autres, à des corps étrangers, passants et peut-être indifférents (je peux aussi les imaginer complices), des corps familiers, des corps aimés, je ne fais qu’une chose – et c’est une chose énorme, je crois, c’est en tout cas le but de toute mon activité, de toute ma prétention créatrice : témoigner de mon amour.

– Hervé Guibert, Le Seul visage.

 

Depuis bientôt huit ans, je parcours les rues, l’appareil à la main, et photographie sur le chemin l’urbain comme l’humain. J’aime surprendre le moment. La photographie de rue est le choix de la beauté du banal et d’une conception sociologique du regard. Ma pratique photographique est très liée à ma pratique de l’écriture: elle nourrit mes fictions documentaires et s’inscrit dans une démarche plus large d’écriture de la rencontre. Vous trouverez dans mes portfolio des morceaux choisis de cette exploration du quotidien.

Toutes les photos m’appartiennent, sauf mention contraire.

Bonne visite! 📷

Camille Reynaud

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